Le 13 mars 2026, Réseau Alliances accueillait un petit-déjeuner et atelier d’échange consacré à la transparence des salaires, un sujet de plus en plus central dans les politiques d’égalité professionnelle. Animé par Maleka Dilmi, responsable partenariats et consultante égalité femmes-hommes au CORIF, ce temps a permis aux participants de mieux comprendre les évolutions réglementaires en cours et leurs implications pour les entreprises.
Au cœur de l’atelier figurait la nouvelle directive européenne sur la transparence salariale, adoptée en 2023 et devant être transposée dans les États membres d’ici juin 2026. Cette directive vise notamment à réduire les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, encore bien présents aujourd’hui. En France, ces écarts restent significatifs et la directive entend renforcer les outils permettant de les mesurer et de les corriger.
Concrètement, cette réglementation introduit plusieurs évolutions importantes pour les entreprises. Les offres d’emploi devront par exemple mentionner une fourchette de rémunération, et les recruteurs ne pourront plus demander aux candidats leur historique salarial. Les salariés pourront également demander des informations sur les niveaux de rémunération moyens pour des postes équivalents, ventilés par sexe. Dans les structures de plus de 100 salariés, des obligations de reporting sur les écarts de rémunération seront progressivement mises en place afin d’objectiver les pratiques salariales et d’identifier les éventuelles inégalités.

Un autre changement majeur concerne la charge de la preuve en cas d’écart salarial injustifié. Jusqu’à présent, c’était souvent au salarié de démontrer l’inégalité. Avec la directive, ce sera désormais à l’employeur de justifier les différences de rémunération sur la base de critères objectifs. En cas d’écart non justifié, l’entreprise devra indemniser le salarié concerné, y compris sur les arriérés de salaire ou de primes.
Les échanges ont montré que la mise en œuvre de ces nouvelles règles pose encore de nombreuses questions pour les organisations. Plusieurs participants ont notamment évoqué la difficulté de définir clairement les postes, les compétences et les niveaux de responsabilité, éléments pourtant essentiels pour comparer les rémunérations de manière objective. La structuration des politiques RH apparaît ainsi comme un enjeu clé pour anticiper les futures obligations.
Au-delà de la réglementation, la transparence salariale soulève également des enjeux de communication et de sensibilisation au sein des entreprises. Les discussions ont souligné l’importance d’impliquer non seulement les directions mais aussi les managers et l’ensemble des équipes. La formation et l’accompagnement apparaissent comme des leviers essentiels pour permettre aux organisations de s’approprier ces nouvelles pratiques.
Le CORIF, association engagée pour l’égalité professionnelle et la mixité, accompagne justement les entreprises et les acteurs publics sur ces sujets. Son objectif est de mieux comprendre les mécanismes des inégalités, d’outiller les organisations et de favoriser la mise en place d’actions concrètes en faveur de l’égalité femmes-hommes.
Cet atelier a ainsi permis de répondre à de nombreuses interrogations et d’ouvrir le dialogue entre les participants autour des évolutions à venir. La transparence des salaires apparaît aujourd’hui comme un levier important pour renforcer l’équité salariale, améliorer la confiance des collaborateurs et faire évoluer les pratiques de gestion des ressources humaines.
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