Le 22 mai, Réseau Alliances proposait une conférence sur la société à mission. Organisé chez Cofidis Group, ce temps permettait de revenir sur les grands contours de ce statut : comité de mission, engagement, audit… Trois structures sont ainsi venues témoigner : Cofidis Group, PKF Arsilon et Noiret Patrimoine.
Véritable outil de pilotage, le statut d’entreprise à mission, inscrit juridiquement dans la loi depuis 2019, permet à de nombreuses structures de conduire leur démarche de transition. « Il faut distinguer deux éléments. Il y a tout d’abord une partie réglementaire, avec l’inscription d’une raison d’être et d’objectifs dans ses statuts. Il y a ensuite deux organes de contrôle qui interviennent : un comité de mission, chargé de suivre le respect des objectifs et qui réalise un rapport à destination des actionnaires, et un second contrôle réalisé par un organisme tiers indépendant qui, lui, rend un rapport public. Le deuxième aspect couvre ensuite la partie liée à la démarche de société à mission en elle-même, en prenant en compte sa déclinaison opérationnelle et son pilotage » explique Anne Heintz, Expert-Comptable Audit durabilité chez PKF Arsilon, également organisme tiers indépendant. « Il est important de se faire accompagner et de ne pas rester seul » ajoute l’ambassadrice de la communauté des entreprises à mission, qui a audité plusieurs dizaines de structures.
« Nous avons fait le choix d’appliquer les engagements propres à ce statut à l’ensemble de nos filiales, y compris pour celles présentes à l’international » explique Amélie Thoreau, leader gouvernance au sein de la Direction de l’Impact durable chez Cofidis Group. « Nous avons défini trois niveaux d’intensité sur le déploiement de notre feuille de route : un premier niveau dit « light » qui tient compte des capacités et des réalités des pays, un niveau « medium » et un « complet ». Pour tous nos projets, nous proposons ces trois segmentations. Les plans d’action et l’intensité de ces plans d’action sont donc adaptés. Sur le handicap par exemple, sur le niveau light, nos filiales doivent nommer un référent et le former. Sur le niveau medium, elles doivent lancer une politique de recrutement inclusif. Pour le niveau complet, il y a par exemple le fait de formaliser les contraintes du poste dans les fiches mission. Cette thématique est une bonne illustration de notre manière de fonctionner ».

Du côté de Noiret Patrimoine, l’entreprise à mission a été le prolongement d’une démarche plus globale. « Nous avons fait le choix de la fondation actionnaire » explique Marc-Antoine Noiret, dirigeant et fondateur de Noiret Patrimoine. « Le principe est simple : c’est une fondation qui est actionnaire de l’entreprise. Chez nous, en l’occurrence, c’est un fonds de dotation, Nirmala, qui nomme le président de la société. Chaque année, Noiret Patrimoine donne 5 % de son chiffre d’affaires au fonds de dotation, somme qui est ensuite redistribuée auprès d’associations. L’idée était d’avoir le modèle de la fondation actionnaire, qui est le plus important pour nous car il pérennise et projette la gouvernance, puis, dans l’application concrète, de nous doter du statut d’entreprise à mission et celui de l’ESS pour nous fixer des règles ».
Car le statut d’entreprise à mission permet de transformer concrètement la manière de faire d’une entreprise. « Dans notre feuille de route, nous avons un engagement dédié à l’offre (qui s’inscrit dans notre première mission), avec un développement des produits et des financements sur des marchés liés à la rénovation énergétique, aux énergies renouvelables et à la mobilité douce. C’est un sujet structurant et stratégique, car il touche directement à notre business model. La société à mission a permis de donner un coup d’accélérateur à ces marchés. Il existe au moins une offre dédiée à ces derniers dans toutes nos filiales » explique Sandra Holcapfelova, cheffe de projets groupe à la Direction Innovation et Organisation de Cofidis Group. Comité de mission, suivi des indicateurs, engagement des collaborateurs, audit : les intervenants ont également pu partager leurs retours d’expérience, avant de répondre à quelques questions du public. La conférence s’est terminée par une présentation du projet « Société à mission Europe ». Rappelons que la France compte aujourd’hui 2 596 entreprises, dont 132 dans les Hauts-de-France.
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