Représentations sociales du changement climatique : les résultats du baromètre de l’Ademe

10 ans après la COP21, l’ADEME publie son 26e baromètre des représentations sociales du changement climatique. Si les Français restent inquiets, les résultats démontrent un essoufflement de l’engagement et du pessimisme. 

Si la protection de l’environnement reste un sujet important pour près de huit Français sur dix, les questions les plus importantes pour eux restent la hausse des prix (20 %), les déficits publics et la dette (17 %), l’immigration (14 %), la sécurité des biens et personnes (11 %), devant l’environnement, la transition écologique et la santé publique (8 % chacun). C’est ce que révèle le dernier baromètre de l’Ademe sur les représentations sociales du changement climatique. Pourtant, de nombreux concitoyens déclarent avoir déjà subi les conséquences du réchauffement climatique là où ils habitent (52 %), un chiffre en forte augmentation : ils étaient moins d’un quart en 2015 (24 %). Quant à la parole des scientifiques, sa portée est contrastée : 52 % des répondants considèrent qu’ils évaluent correctement les risques climatiques, « quand un quart de la population (25 %) juge qu’ils sous-estiment les risques et 22 % qu’ils les exagèrent ». Le baromètre révèle également une forte augmentation du pessimisme : « en 10 ans, le pessimisme sur le changement climatique et ses conséquences a gagné du terrain : depuis 2016, est observée une hausse de 10 points des personnes qui ne pensent pas que le changement climatique sera limité à des niveaux raisonnables d’ici à la fin du siècle (de 56 % à 66 %), et qui anticipent que les conditions de vie deviendront extrêmement pénibles à cause des dérèglements climatiques (de 55 % à 65 %) ».

Il faut dire que depuis 10 ans, les Français se sont mobilisés : baisse de la température, moins de viande, baisse de la consommation… Mais le baromètre indique une « résistance à changer son mode de vie », indiquant que « quand 12 % déclaraient en 2016 qu’ils accepteraient des changements à condition qu’ils restent dans des proportions modérées, ils sont 19 % aujourd’hui ». La population se montre ainsi plus exigeante envers les pouvoirs publics : « pour les deux tiers des Français, la priorité de la politique économique devrait être de réorienter en profondeur l’économie en ne soutenant que les activités qui préservent l’environnement ». Le baromètre revient également sur quelques politiques publiques ambitieuses en matière de transition écologique qui feraient consensus : 70 % se prononcent en faveur d’une obligation des propriétaires à rénover et à isoler les logements lors d’une vente ou d’une location, 82 % considèrent comme souhaitable le développement des énergies renouvelables, 62 % sont pour taxer davantage le transport aérien au profit du train.