Implantée près de Beauvais, la startup qui compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs s’appuie sur une technologie brevetée pour dépolluer les mégots de cigarette, un procédé unique permettant ensuite à l’entreprise de proposer des solutions de recyclage. Rencontre avec Alex Haudiquer, chargé de communication & relation presse.
100 millions : c’est le nombre de mégots ramassés chaque année à Lille selon le ministère de la Transition écologique. Véritable fléau environnemental, les mégots sont également le deuxième plastique le plus retrouvé sur les plages européennes, juste après les bouteilles. Depuis 2020, TchaoMegot fait partie des rares entreprises du territoire national à s’être penchée sur le sujet de la collecte et du recyclage des mégots. Dans le cadre d’un projet de fin d’études, Julien Paque, étudiant ingénieur à Lille, constate que les mégots disposent des mêmes propriétés isolantes que la laine de verre. Il crée TchaoMegot, avec cette volonté de proposer une solution la plus écologique et locale possible. L’entreprise propose aujourd’hui une solution complète, allant de la collecte jusqu’à la valorisation de la matière. « Nous déployons des bornes de collecte auprès des entreprises et des collectivités à travers toute la France. Ces cendriers ont été conçus dans les Hauts-de-France à partir de matériaux durables et recyclables, résistants aux intempéries. Certains sont connectés, indiquant leur taux de remplissage, ce qui permet d’optimiser les tournées de ramassage » explique Alex Haudiquer.

Une technologie brevetée pour une dépollution sans eau ni substances toxiques
TchaoMegot est aujourd’hui capable de traiter 300 tonnes de mégots chaque année, grâce à l’acquisition d’une nouvelle machine en fin d’année dernière, contre 10 tonnes auparavant. « La particularité de notre machine, c’est qu’elle utilise une technologie brevetée, permettant de dépolluer sans eau et sans solvant toxique, en circuit fermé ». Une innovation qui permet de s’attaquer aux 4 000 substances toxiques accrochées aux filtres des mégots. À l’issue du processus, l’entreprise récupère 99,7 % de la fibre du filtre. Celle-ci est propre, non toxique et sans odeur, prête à l’utilisation. Le reste, les 0.3 % restant, est traité par un laboratoire spécialisé. « Cette fibre est ensuite transformée par des entreprises locales, en doudounes, pochettes d’ordinateurs et même isolant thermique et acoustique. À terme, TchaoMegot souhaite générer suffisamment de flux pour proposer ces produits à la vente, afin de boucler la boucle ! ». Une doudoune peut ainsi contenir jusqu’à 4 500 mégots recyclés. L’entreprise, qui a depuis peu agrandi ses locaux pour pouvoir répondre à la demande de plus en plus croissante, espère ainsi collecter et recycler 25 000 tonnes de mégots chaque année.
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