Recruteurs responsables : une autre vision du recrutement centrée sur les besoins réels

Depuis 2022, Caroline Lavalley propose une autre vision du recrutement. Son cabinet « Recruteurs responsables » s’attache à travailler autour des besoins de l’entreprise. Temps partagé, identification des talents, on-boarding, formation, sensibilisation : c’est une offre globale et complète qui est proposée aux acteurs économiques. Rencontre avec Caroline Lavalley.

Entre 30 000 € et 150 000 € : c’est ce que pourrait coûter une erreur de recrutement pour une entreprise selon une étude de ManPower, HR Voice et Opensourcing. Si la fourchette semble large, les coûts, qu’ils soient directs ou indirects, peuvent être nombreux : performance, cohésion d’équipe, marque employeur… Depuis 2022, Caroline Lavalley, a la tête du cabinet Recruteurs responsables, propose une autre approche du recrutement. « Dans mon secteur, ce qui nuit à la qualité, c’est la facturation. Il y a un modèle prédominant qui consiste à mandater plusieurs cabinets et à les mettre en concurrence : celui qui trouvera le candidat le plus vite sera rémunéré. Il faut donc être rapide. Les professionnels n’ont plus le temps de creuser le besoin de l’entreprise – peut-être y a-t-il de la mobilité interne possible, une organisation à revoir – les critères, le profil… » explique Caroline Lavalley qui a particulièrement travaillé son offre et son modèle économique au lancement de son cabinet. « Celui-ci s’attache à travailler sur le besoin de l’entreprise. Je propose un diagnostic qui me permet d’interroger les membres de l’équipe, de comprendre leur quotidien, leur vision. Cela me permet de comprendre le profil recherché, ou de proposer d’autres solutions si le recrutement n’est pas une nécessité au regard des besoins identifiés. Je m’engage ainsi sur un accompagnement personnalisé. Il y a aussi un enjeu fort sur le on-boarding, souvent insuffisant et très anxiogène. Avec le modèle actuel, ce sont les cabinets de recrutement qui sont les responsables de l’ambiance et du management de l’entreprise. J’ai donc travaillé sur une approche différente, en proposant un suivi rapproché avec le nouvel embauché et le manager. L’idée est de bien réussir l’intégration, en travaillant sur les différents facteurs de réussite ».

Un rôle sociétal fort

Cette vision du recrutement, Caroline Lavalley l’a mûrie durant plusieurs années. Forte de plusieurs expériences professionnelles en France et à l’étranger, la fondatrice découvre le monde du recrutement par le prisme des solutions liées à l’emploi. « J’ai découvert les jobboards, et tous les sujets liés comme l’expérience candidat, la marque employeur... J’ai ensuite rejoint un cabinet de recrutement et de gestion de carrières pour développer une antenne sur la métropole. J’ai particulièrement travaillé sur des créations de poste. Le recrutement, c'est avant tout relier des projets d'entreprise et des projets de vie, des organisations et des individus. Nous avons aussi un rôle sociétal fort, car, d’une certaine façon, c’est nous qui décidons qui peut être en emploi. Tout ceci m’a amenée à réfléchir à la question du comment faire mieux. Le recrutement, ce n’est pas une rustine, c’est un sujet stratégique et engageant ». En parallèle de son offre d’accompagnement, Caroline Lavalley travaille également en temps partagé et propose des temps de formation autour de l’intégration, de l’identification des potentiels et de ses talents naturels. La fondatrice du cabinet aspire également à créer un collectif regroupant de petites entreprises pour proposer un coaching adapté spécifiquement à leurs enjeux de recrutement. Caroline Lavalley continue également de se former elle-même, comme autour des Terreaux Culturels qui permettent de mieux comprendre les modes de communication et de management.

De la concurrence à la coopération

Mais la fondatrice de Recruteurs responsables n’oublie pas pour autant un volet important de son action : la sensibilisation. « Je fais partie d’un collectif qui porte la Fresque de l’équité. Cet outil n’est pas militant, il se veut factuel et très inclusif ». La Fresque se décline en deux parties : une première sur le constat, avec cette idée de proposer des données chiffrées et sourcées autour des inégalités entre femmes et hommes, qu’elles soient financières, professionnelles, sur la santé, dans la sphère privée… « Nous partons des constats pour comprendre les mécanismes qui mènent à ces inégalités. Ensuite, nous passons à l’action : l’objectif est de chercher des leviers pour agir dans sa vie ou dans son organisation ». Toujours dans cette approche de diversification de son activité, Caroline Lavalley s’est également associée à ses concurrents pour répondre à un client. « Nous sommes quatre consultants indépendants et nous travaillons sur un projet de décarbonation industrielle. Travailler avec ses concurrents, c’est sortir de sa zone de confort. Le consultant à l’initiative du projet a joué le rôle de chef d’orchestre, mais c’est bien ensemble que nous nous sommes mis d’accord. Il faut beaucoup de souplesse et de confiance mais l’objectif principal est bien de répondre aux difficultés de recrutement en mettant nos approches et nos réseaux en commun, en passant de la concurrence à la coopération ». Caroline Lavalley travaille également dans des secteurs liés à la R&D et l'innovation sur des métiers liés à la durée de vie des batteries, la réparation automobile, la cybersécurité, la transition énergétique. « Il y a peu de compétences sur ces sujets. Ce sont des métiers émergents, difficiles à recruter. Nous avons travaillé sur la fidélisation, la marque employeur, la promesse employeur retranscrite jusque dans l'annonce, et nous avons eu les candidats adéquats ». Preuve qu’en redonnant de l’importance au « H » de ressources humaines, la réussite est au rendez-vous. Pour l’entreprise comme pour le talent.