Agence Kodama : « Un site internet peut être design, dynamique et écoresponsable »

Depuis fin 2022, Yannick Chizzolini et ses deux associés promeuvent un numérique plus responsable. L’enjeu ? Accélérer la prise de conscience des entreprises sur l’impact du secteur, aujourd’hui responsable de 4.5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Hébergement, maintenance, conception : les leviers sont nombreux. Rencontre avec Yannick Chizzolini.

« Un site internet peut être beau, dynamique et écoresponsable ». Ce message, Yannick Chizzolini, cofondateur de l’agence Kodama, le martèle quotidiennement. Sa structure accompagne aujourd’hui les acteurs économiques autour de la conception, de la maintenance et de l’hébergement de leurs sites internet en y intégrant les principes de l'écoconception numérique. L’agence s’appuie tout d’abord sur un premier diagnostic en utilisant des outils comme Website Carbon ou Ecograder. « Nous obtenons un score, à l’image du Nutri-score. Plus la note est basse, plus le site est vertueux. Là où la moyenne mondiale des sites internet oscille entre E ou F, nous accompagnons nos clients pour l’obtention d’un B, voir un A » explique Yannick Chizzolini. L’agence Kodama travaille sur un premier levier : l’hébergement. « Un bon hébergement améliore de 40 % l’empreinte carbone : le site passe de F à C. Nous travaillons avec un hébergeur Français qui intègre ces principes d’écoresponsabilité. L’enjeu pour un data center, c’est de refroidir l’infrastructure, ce qui est particulièrement énergivore. Il existe plusieurs manières de les refroidir : la climatisation ou la technique du watercooling qui utilise l’eau au lieu de l'air pour dissiper la chaleur. Notre hébergeur a fait le choix du freecooling adiabatique.  Le refroidissement adiabatique d’un serveur consiste à utiliser de l’air extérieur légèrement humidifié pour le rafraîchir naturellement, en consommant beaucoup moins d’énergie qu’une climatisation classique. C’est comme se ventiler avec une brise humide plutôt que d’allumer un ventilateur électrique à fond : l’évaporation fait le travail, sans gaspiller d’énergie. Il faut savoir qu’un data center utilise chaque mois l’équivalent d’une piscine olympique, avec cette technique, c’est une fois par an ».

70 % d’amélioration avec l’hébergement et l’optimisation 

Second levier sur lequel travaille l’agence : l’optimisation. « Il est possible de réduire le poids d’un site en travaillant sur le poids des images, en réduisant les requêtes, en faisant du cache. Toutes ces actions ont un impact de l’ordre de 30 % sur l’empreinte carbone du site. Entre l’optimisation du site et son hébergement, nous pouvons d’ores et déjà améliorer 70 % du score » ajoute Yannick Chizzolini. Et l’enjeu est là : si le numérique représentait 4,4 % de l’empreinte carbone de la France en 2022 , cet impact a doublé en deux ans. Et l’arrivée de l’intelligence artificielle aura un impact significatif. « Nous serons au-dessus de 7 % d’ici 2030. Quand nous avons créé Kodama avec mes deux associés, nous étions déjà très écoconscients. Nous avons toujours voulu garder notre ADN, quitte à refuser des marchés. C’est un choix, pas toujours simple, mais nous tenons fortement à cette identité. Nous sommes la seule agence en France à travailler sur l’ensemble de la chaîne de valeur : hébergement, maintenance et conception ».

Une page légère est une page bien référencée

Et c’est sur ce dernier levier que les idées reçues sont encore les plus présentes. « Aujourd’hui, vous pouvez faire un site dynamique, design sans sacrifier l’écoresponsabilité. Certains pensent qu’un site écoconçu est fade visuellement, mais pas du tout ! Il est possible de mettre des animations, d’avoir des sites très graphiques. Et puis, pour le référencement, c’est idéal. Google n’aime pas les pages trop lourdes, or certaines home page peuvent peser 20 mégas, là où nous ne dépasserons pas les 500 kilo-octets. Une page légère est une page bien référencée. Il y a encore de la pédagogie à faire mais un client peut venir nous voir avec un site classé E ou F. En hébergeant et en optimisant, nous arrivons sur du B, et en travaillant sur la conception, le site obtiendra un A ». L’agence a par exemple travaillé avec Croc La Vie, en convertissant son site vers WordPress, en changeant l’hébergement et en optimisant la mise en cache ou les médias. « Le web est aujourd’hui devenu indispensable : nous faisons des requêtes en permanence, pour trouver des horaires d’ouverture d’un magasin par exemple. C’est dans nos usages ! Nous avons besoin du web, mais utilisons le de manière la plus responsable possible ».