L’entreprise, spécialisée dans la pose de revêtements de sol, a profondément fait évoluer son modèle afin de répondre aux enjeux environnementaux et adresser des marchés émergents. Réemploi, recyclage, offre de location, de vente, de maintenance : chaque brique est pensée pour soutenir l’autre et créer un modèle vertueux et efficace. Rencontre avec Thomas Letiers, son dirigeant.
Boucler la boucle. Depuis sa création en 2012, Thomas Letiers, dirigeant de Textifloor, ne cesse de travailler son modèle pour que chaque étape de production soit la plus durable possible. Spécialisée dans la pose de revêtements de sol, l’entreprise s’est d’abord créée sur un constat : beaucoup de sols étaient jetés, enfouis et non valorisés. « Je cherchais un modèle plus vertueux. Au départ, nous proposions de la location de sols. Nous gérions la pose, la maintenance et le remplacement. Et puis, nous avons cherché à améliorer nos process. En 2015, nous nous sommes intéressés au réemploi » explique Thomas Letiers son dirigeant. « Pour qu’un produit soit réemployable, il faut que la pose soit réalisée sans colle et sans notion de bain : les dalles doivent pouvoir être mises de manière aléatoire, sans qu’il y ait un motif ou un effet à rechercher. Il faut ensuite poser correctement le sol, bien l’entretenir ». Pour répondre à ce nouveau développement autour du réemploi, Textifloor innove et crée une machine capable de nettoyer et de sécher des dalles de moquette ayant déjà eu une première vie. « Globalement, un sol peut durer entre 9 et 12 ans ». L’entreprise travaille aujourd’hui avec des bailleurs, des entreprises, des foncières…
Mais qui dit réemploi dit également gestion des stocks. L’entreprise a investi dans de nouveaux locaux afin de pouvoir stocker ses différents matériaux. « La temporalité peut être différente entre la récupération et la pose, il faut donc avoir un bon système d’information pour savoir ce que l’on a, et gérer cette zone tapon. Certains gisements sont plus compliqués à revendre, d’autres doivent être recyclés. Ces années d’expérience sur ce sujet du réemploi payent car nous affinons notre modèle au regard de nos vécus terrain ». Textifloor s’appuie plus largement sur le modèle de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération. « La force de ce modèle, c’est qu’une brique ne peut pas fonctionner sans la brique d’avant. Si un sol est mal posé, il ne pourra pas être réemployé » ajoute Thomas Letiers.

Justement, Textifloor s’attaque désormais à une dernière brique de son modèle : le recyclage. « Nous sommes en train de travailler en R&D pour industrialiser un procédé de recyclage. Nous sommes entourés de partenaires. Nous avons également bénéficié de subventions de la part de la région, sur la partie réemploi et recyclage. Notre objectif est de pouvoir récupérer des gisements de tous bords, de travailler avec d’autres matériaux qui présentent les mêmes caractéristiques. Nous travaillons sur les débouchés et le développement ». L’entreprise s’en donne les moyens, puisque la majeure partie des résultats sont réinvestis en R&D.
Textifloor n’en n’oublie pas pour autant son rôle sociétal, et travaille également avec des personnes en insertion. « Nous sommes en lien avec deux associations du territoire : la première nous accompagne sur la partie chantier, nous avons d’ailleurs pour projet d’embaucher une personne en fin d’insertion. Nous travaillons sur la partie tri et nettoyage avec la seconde » précise Thomas Letiers. Un modèle global, ou chaque brique en soutient une autre. Un modèle qui tire sa force du terrain et des expériences vécues.
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